Gérer le manque cet été

Manque des petits-enfants

L’un en colonie de vacances, l’autre chez un copain, la petite dernière chez son autre grand-mère… A l’approche des grandes vacances, pas facile de se dire que juillet/août se passeront sans eux…ou presque. Spécialiste de la famille, la psychanalyste Liliane Holstein (*) invite toutes les grand-mères qui appréhendent le manque et cette période d’absence à prendre le recul nécessaire…Et à s’occuper d’elles ! (*) Auteur de « Le burn-out parental », éd. Josette Lyon.

1. Cet été, de nombreuses Grand-Mères très impliquées auprès de leurs petits-enfants durant toute l’année seront confrontées à leur absence soudaine. Est-il normal de mal vivre ce désinvestissement brutal, voulu par le calendrier scolaire ?
Ce « vide » peut en effet guetter les grand-mères qui ont parfois tendance à tout miser sur leurs petits-enfants, faisant d’eux l’occupation principale de leur existence. L’amour qu’elles leur portent ne doit pas être remis en question, mais il est bon et épanouissant – aussi ! – que ces femmes veillent à leur enrichissement culturel, social, amical et intellectuel. Reléguer à l’arrière-plan ces aspects-là de leur quotidien comporte un risque : celui de renforcer le sentiment qu’elles ont parfois d’être vulnérables dans leur rôle de Grand-Mère. En effet, cet investissement auprès de leurs petits-enfants – si entier et sincère soit-il – entretient leur impression d’être en permanence sur « un siège éjectable », à la merci du bon-vouloir des parents. Lesquels peuvent un jour décider, même après lui avoir confié ses petits-enfants une semaine ou chaque mercredi pendant 3 mois, qu’ils ne viendront pas la semaine suivante. Les petits-enfants ne doivent donc pas combler un vide, ni agir comme des anti-dépresseurs. Une grand-mère qui a une vie à côté est une grand-mère heureuse.

2. Comment se consoler de cette « privation » et gérer la transition entre TOUT (des mercredis après-midi, des week-ends de garde…) et RIEN (sinon un SMS ou une carte postale)? 
Déjà, en anticipant un maximum sur ce à quoi va ressembler leur été. A quel moment partent les petits-enfants ? Quand reviennent-ils? Pour combien de temps? Autant de questions auxquelles les parents peuvent répondre. Placer des repères, un peu comme des bornes, sur un calendrier, permettra aux grand-mères de se préparer mentalement à cette absence. L’amour grand-parental, comme toutes les autres forment d’amour, crée une addiction. Celle-ci est due entre autres à la vision de l’être aimé – qu’il ait 2 mois ou 50 ans! – sur lequel on se focalise. En cas de changement de rythme, un manque peut donc logiquement apparaître. Alors autant se mettre en condition car, oui, l’absence peut être pesante.

3. Auriez-vous un conseil tout particulier à donner aux grand-mères qui n’ont pas la possibilité de profiter de leurs petits-enfants durant l’été ? (Soit parce qu’elles ne sont pas sur le chemin des vacances, soit parce qu’elles n’ont pas de quoi tous les accueillir, par exemple)
Je leur dirais d’en profiter pour se sentir plus légères et pour prendre conscience de cette « non-responsabilité » passagère, qui peut être délicieuse. Elles ne doivent ni être tristes de cette situation, ni culpabiliser, mais plutôt trouver un moyen de s’apaiser pour réussir à bonifier cette période là sans s’enferrer dans des frustrations. Après avoir joué un rôle fondamental pendant des millénaires, les grands-parents ont connu un gros creux (au cours des années 80-90-2000) durant lequel ils étaient moins présents dans la vie de leurs petits-enfants (parce qu’ils travaillaient plus longtemps, entre autres). Aujourd’hui, la courbe est de plus en plus ascendante et leur importance au sein de la cellule familiale – parfois plus complexe qu’auparavant – reprend une force extraordinaire, parce qu’ils se se sentent jeunes et en forme. Plus impliqués, ils éprouvent forcément le besoin de souffler de temps en temps. Ce qui est aussi bénéfique pour la relation qu’ils ont avec leurs petits-enfants.

4. Vous insistez aussi beaucoup sur le fait que la grand-mère ne doit pas être « que » cela dans la vie…
En effet, quand on a la chance de vivre encore en couple, il faut penser que les moments que l’on partage à deux sont également des moments bénis, pour lesquels il faut pouvoir se rendre tout aussi disponibles. Je reçois en consultation beaucoup de grands-pères qui souffrent véritablement de voir leur femme entièrement vouée aux petits-enfants, quasiment dépendante. Eviter d’être tristounette ou en stand-by quand les petits-enfants sont absents, est donc l’occasion de vivre son histoire à deux. Et, ensemble, de trouver des idées pour que le temps passe plus vite !

Forte des conseils de sa psychanalyste préférée, l’équipe de Grand-Mercredi a retenu quelques astuces pour vous aider à garder le lien avec vos petits-enfants lorsqu’ils sont loin et qu’ils vous manquent :

  • Instaurer un rendez-vous « carte postale » tous les 10 jours. Pensez à leur fournir des enveloppes à votre adresse avant leur départ !
  • Fixer une séance Facetime ou Skype, de préférence le dimanche (au moment des « rotations » familiales) pour voir tout le monde.
  • Avec les ados, privilégier les SMS & les selfies.
  • Commencer à préparer leur retour…même si ça ne les fera pas rentrer plus vite !
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