On a tous déjà prononcé une phrase « comme ça », sans mauvaise intention. Une phrase qui sort vite, presque automatiquement. Et puis… quelque chose se ferme dans le regard de votre Petit-Enfant. Certaines phrases, dites sans y penser, peuvent marquer durablement. Bonne nouvelle : les repérer, c’est déjà les désamorcer. On regarde ça ensemble, sans culpabilité et avec bienveillance.
« Arrête de pleurer, ce n’est rien »
Ce que vous voulez dire : « Je veux te rassurer. »
Ce que l’enfant entend : « Ce que tu ressens n’est pas important. »
À la place, on peut dire :
« Je vois que tu es triste. Viens, on en parle. »
On ne supprime pas la peine. On l’accueille.
« Tu pourrais faire un effort »
Tiens, tiens, tiens… celle-là sort souvent quand on est fatigué.
Le problème, c’est qu’elle sous-entend que l’enfant ne fait pas assez, alors qu’il fait peut-être déjà tout ce qu’il peut.
À la place :
« Qu’est-ce qui te semble difficile là, maintenant ? »
On passe du jugement à la compréhension.
« Ton frère / ta sœur fait mieux que toi »
Impossible de passer à côté : la comparaison fait des dégâts.
Même dite sur le ton de la plaisanterie, elle installe un sentiment de dévalorisation.
À la place :
« Chacun avance à son rythme, et le tien me va très bien. »
Parce que oui, vraiment.
« De mon temps, on ne faisait pas comme ça »
Ah, la fameuse.
Celle qui crée instantanément un mur entre générations.
Ce que l’enfant entend : « Ton monde n’est pas valable. »
À la place :
« Raconte-moi comment tu vois les choses aujourd’hui. »
Quelque chose nous dit que vous pourriez être surpris… agréablement.
« Je suis déçu(e) de toi »
Celle-ci est sans doute la plus lourde.
Parce qu’elle touche directement à l’estime de soi, surtout quand elle vient d’un Grand-Parent.
À la place :
« Je n’aime pas ce qui s’est passé, mais je t’aime toujours autant. »
On sépare l’acte de la personne. Toujours.
Ce qu’il faut retenir, entre nous
Aucun Grand-Parent n’est parfait. Et heureusement.
L’essentiel n’est pas de ne jamais se tromper, mais de réparer quand une phrase dépasse la pensée. Que le Grand-Parent qui n’a jamais dit une phrase maladroite se manifeste ! Impossible de résister à cette vérité-là : les mots comptent, mais l’amour encore plus.




