Nos Petits-Enfants ne nous demandent pas de les imiter. Ce n’est d’ailleurs pas ce que je propose. Ce que je propose, c’est plus subtil : regarder ce qui les anime, comprendre pourquoi ça les anime, et décider librement, sans pression, si ça a du sens pour nous aussi.
Résultat de cette enquête personnelle menée cet été : six tendances qui méritent qu’on s’y attarde.
1. La routine beauté, parce qu’il n’y a pas d’âge pour prendre soin de soi
Les ados ont une relation avec leur peau qui n’a rien à voir avec la coquetterie. C’est de la chimie, de l’observation, de la rigueur. Ils savent ce qu’est un acide hyaluronique, une niacinamide, un SPF 50. Ils ont des rituels matin et soir, cinq minutes, dix minutes et ils les tiennent.
La leçon à retenir : une routine, ce n’est pas se compliquer la vie. C’est simplifier ses choix. On choisit trois ou quatre produits adaptés à sa peau, on les applique dans le bon ordre, on arrête d’improviser. Et ça marche.
Par où commencer ? Un nettoyant doux, une crème hydratante avec protection solaire pour le matin, une crème nourrissante le soir. Rien de plus. Les pharmacies et les parapharmacies sont remplies de vendeurs qui attendent qu’on leur pose la question.
2. La seconde main, parce que le luxe peut avoir une deuxième vie
Vinted, les vide-greniers en ligne, les dépôts-ventes, nos Petits-Enfants y font leurs achats avec une évidence déconcertante. Ce n’est pas une contrainte de budget pour eux. C’est une conviction.
Ce qu’ils ont compris avant nous : un beau manteau d’occasion est souvent plus beau et mieux fait qu’un manteau neuf à prix équivalent. Les années 80 et 90 produisaient des matières que l’industrie de la fast fashion ne reproduit plus.
Pour commencer sans se perdre : les dépôts-ventes physiques dans sa ville. On voit, on touche, on essaie. Et parfois on trouve, pour quinze euros, un cachemire qu’on n’aurait jamais payé cent.
3. Revendre ce qu’on n’utilise plus, parce que garder par habitude n’est pas une vertu
La même génération qui achète en seconde main revend avec la même fluidité. Un sac qu’on n’utilise plus, une veste qui prend la poussière, un service de vaisselle hérité qu’on ne sort jamais, plutôt que d’en encombrer une cave, on le rend disponible pour quelqu’un qui en a besoin.
Concrètement : Vinted pour les vêtements, Le Bon Coin pour le reste. On photographie, on décrit, on fixe un prix. C’est une demi-heure de travail et souvent une belle surprise.
Ce que personne ne dit : c’est aussi libérateur. Vider un placard en sachant qu’on aide quelqu’un à trouver ce qu’il cherche, c’est différent de jeter.
4. La couture créative, parce qu’une robe qu’on n’enfile plus peut avoir une deuxième vie
Upcycling, mot barbare pour une idée simple : transformer ce qu’on a plutôt que de le jeter ou de le remplacer. Nos Petits-Enfants raccourcissent des jeans, découpent des cols, cousent des patchs. Ils ont des chaînes YouTube, des tutoriels TikTok, des groupes entiers dédiés à ça.
Nous, nous avons quelque chose qu’ils n’ont pas : des décennies de vêtements bien faits qui méritent mieux qu’un sac poubelle.
Cette robe noire que vous ne portez plus depuis dix ans ? Un couturier de quartier peut la transformer en bustier pour votre petite-fille ou en jupe mi-longue pour vous. Un après-midi et vingt euros. Et le résultat, vous serez la seule à l’avoir.
5. Le repas sans viande, parce que cuisiner autrement peut être une découverte
Végétarien, flexitarien, à base de plantes, les mots varient, l’idée est la même : mettre les légumes au centre de l’assiette, sans que ça soit une punition.
Ce que nos Petits-Enfants ont découvert, et ce que les cuisines du monde pratiquent depuis des siècles, c’est qu’un repas sans viande peut être généreux, savoureux, et visuellement magnifique. Une tian de légumes d’été. Un curry de pois chiches. Une quiche poireaux-chèvre. Un taboulé qui n’a rien à voir avec celui des supermarchés.
Proposition concrète pour cet été : un repas par semaine, entièrement végétarien, cuisiné avec les Petits-Enfants. Laissez-les choisir la recette. Ils en ont des dizaines sur leurs téléphones. Vous apportez le savoir-faire. C’est une collaboration qui fonctionne.
6. S’engager localement pour l’écologie, parce que les grandes causes commencent dans son quartier
La génération de nos Petits-Enfants porte une anxiété réelle sur l’avenir de la planète. Ils la portent parfois avec une lourdeur qui fait mal à voir. Ce qu’on peut faire, pas pour les rassurer avec de belles paroles, mais concrètement, c’est montrer qu’à notre niveau, à notre âge, dans notre quartier, on peut agir.
Les associations de collecte de bouchons en plastique (qui financent des fauteuils roulants). Les jardins partagés qui transforment une parcelle urbaine en potager collectif. Les groupes de nettoyage de berges ou de forêts, qui réunissent toutes les générations un samedi matin. Les épiceries solidaires et écologiques qui cherchent des bénévoles.
Ce ne sont pas des grands gestes. Mais ce sont des gestes réels et vos Petits-Enfants les voient.
Ce que j’ai retenu de tout ça
On n’est pas obligés d’adopter l’époque en bloc. On n’est pas obligés de tout comprendre ni de tout approuver. Mais il y a dans la façon dont nos Petits-Enfants vivent quelques réflexes qui valent la peine d’être regardés de près, pas parce qu’ils ont raison, mais parce qu’ils ont peut-être trouvé quelque chose que nous avons laissé de côté.
Et l’été, c’est exactement le bon moment pour essayer.




