Le divorce est une étape souvent douloureuse pour toute la famille, et votre rôle, chers grands-parents, est essentiel pour apporter stabilité, réconfort et sécurité à vos petits-enfants. Voici un guide pratique, dans l’esprit de Grand-Mercredi, pour vous aider à traverser cette période.
Conseils Pratiques : Devenez un Rocher de Stabilité
Votre mission principale est d’offrir un havre de paix, loin des tensions parentales.
– Maintenir le Rituel : Le changement est déjà une source d’anxiété. Maintenez vos rituels (le mercredi après-midi, la recette spéciale, l’histoire du soir) pour symboliser que tout n’est pas en train de s’écrouler.
– Écouter sans Juger : Proposez un espace de parole libre. Écoutez attentivement leurs peurs et leurs sentiments sans juger ni critiquer l’un ou l’autre des parents. Validez leurs émotions : « Je vois que cela te rend triste/en colère, et c’est normal. »
– Être Honnête et Simple : Utilisez des mots simples et appropriés à leur âge. Expliquez que le divorce est une affaire d’adultes et que rien de tout cela n’est de leur faute.
– Encourager les Liens : Sauf danger avéré, encouragez vos petits-enfants à maintenir une bonne relation avec leurs deux parents. Évitez de prendre parti ou de transmettre des messages.
– Gérer le Stress des Parents : Soyez un soutien pour vos propres enfants (les parents). Plus ils sont sereins, plus les petits-enfants le seront. Proposez de prendre le relais sans vous immiscer dans leurs décisions.
Positionnement dans la Famille : La Neutralité Bienveillante
Votre statut de grand-parent vous place dans une position unique, celle de la neutralité active.
– Le Devoir de Réserve : Vous êtes l’allié des enfants, pas l’avocat d’un parent. Ne posez pas de questions intrusives sur la vie du parent absent et ne dénigrez jamais l’ex-conjoint(e) devant vos petits-enfants.
– Respecter les Nouvelles Règles : Les parents fixent le cadre de la garde, des visites et des nouvelles organisations. Respectez scrupuleusement ces règles, même si elles ne vous plaisent pas. Votre rôle est de rassurer les enfants sur la cohérence de leur nouvel environnement.
– Un Foyer, Deux Familles : Le divorce crée deux foyers, mais les grands-parents restent le lien, la racine commune. Rappelez que l’amour familial, lui, ne divorce jamais.
– Garder le Rôle de Grand-Parent : Ne devenez pas un “super-parent” de substitution. Continuez à jouer votre rôle de transmetteur, de conteur et de complice, sans vous charger des responsabilités parentales.
Une approche psychologique unique
Les spécialistes de l’enfance insistent sur le fait que la souffrance des enfants lors d’un divorce provient principalement de la façon dont le conflit est géré par les adultes, et non du divorce lui-même. Votre rôle est de minimiser l’impact du conflit.
Chez Grand-Mercredi nous avons synthétisé pour vous les meilleurs conseils des professionnels :
– Être un “Contenant Affectif” :
Les enfants ont besoin d’un adulte capable d’accueillir et de “contenir” leurs émotions (colère, tristesse, anxiété) sans se laisser déborder soi-même. Ne minimisez jamais ce qu’ils ressentent en disant : « Ça va aller, tu verras. » Préférez : « Je comprends que tu sois triste, je suis là si tu veux en parler. »
Le rôle du grand-parent est de “décharger” l’enfant de sa culpabilité inconsciente. Répétez-leur régulièrement et explicitement : « Le divorce, c’est une affaire d’adultes, ça n’est absolument pas de ta faute. »
– Garantir la Continuité Identitaire :
Un des risques du divorce est que l’enfant se sente “coupé en deux” ou doive choisir un camp. Les grands-parents, en tant que témoins de l’histoire familiale, doivent assurer la continuité du récit familial. Montrez-leur des photos de leur histoire avant la séparation pour ancrer l’idée que le passé heureux existe toujours et qu’il fait partie de leur identité.
Ne jamais utiliser l’enfant comme messager ou comme espion. C’est un poids émotionnel toxique qui place l’enfant en position de danger psychologique.
– Le Syndrome de l’Allégeance Partagée :
Les professionnels appellent cela l’«allégeance». L’enfant a l’impression que s’il aime un parent, il trahit l’autre. En tant que grand-parent, vous devez lui donner l’autorisation d’aimer ses deux parents. Par exemple, si l’enfant est chez vous, parlez naturellement du parent absent : « Je me demande si Maman a réussi à trouver son nouveau logement. » (sans jugement) pour montrer que l’autre parent n’est pas un sujet tabou.
– Le Temps de l’Adaptation :
-Un psychiatre vous rappellera que l’enfant est un être de rituels. L’adaptation aux deux foyers (le calendrier des visites) doit être la plus lisible et prévisible possible. Aidez-le à matérialiser ce nouveau rythme (par un calendrier imagé, par exemple), ce qui diminue l’anxiété liée à l’incertitude.
Observez le changement de comportement. Si votre petit-enfant développe des troubles du sommeil, un énurésie (pipi au lit), une agressivité soudaine ou un retrait social important, c’est un signal d’alarme. Conseillez alors aux parents de consulter un psychologue spécialisé en thérapie familiale.
En résumé : Votre rôle est d’être l’adulte solide et non conflictuel qui permet à l’enfant de faire le deuil de la famille unie tout en lui offrant une sécurité affective inébranlable.
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