Dossier : Ce que l'INSEE vient de dire sur la France de 2070 et ce que ça change pour vous - Grand-Mercredi

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Dossier : Ce que l’INSEE vient de dire sur la France de 2070 et ce que ça change pour vous

L’INSEE a publié cette semaine ses nouvelles projections démographiques. C’est un exercice de prévision, pas une prophétie les démographes le précisent eux-mêmes. Mais les tendances qu’ils décrivent sont lourdes, documentées, et elles dessinent quelque chose de précis : le contexte dans lequel vos Petits-Enfants vivront leur vie d’adulte.

Voici ce que disent les chiffres. Et surtout, ce qu’ils veulent dire pour nous.

La France va perdre des habitants. Et c’est la natalité qui est en cause.

En 2070, si les tendances actuelles se prolongent, la France compterait 65,9 millions d’habitants soit 3,2 millions de moins qu’aujourd’hui. La population devrait continuer à augmenter légèrement jusqu’en 2037, avant de commencer à baisser.

Ce qui est frappant, c’est l’explication. Ce n’est pas l’émigration qui vide le pays. C’est la natalité qui ne suit plus. Le solde naturel le bilan entre naissances et décès est déjà négatif depuis 2025. Le taux de fécondité en France est tombé à 1,53 enfant par femme. Il pourrait descendre à 1,45 en 2028.

Pour maintenir une population stable, il faudrait 2,1. On en est loin.

Ce que cela signifie concrètement : dans la famille de vos Petits-Enfants, il y aura moins d’enfants. Moins de cousins, moins de fratries nombreuses. Et mécaniquement, des grands-parents encore plus rares et donc encore plus précieux.

Un pays d’anciens. Ce que ça veut dire vraiment.

Le chiffre le plus saisissant de ce rapport n’est pas le total de la population. C’est sa composition.

En 2070, un habitant sur trois aura plus de 65 ans. Le nombre de personnes de 80 ans et plus augmentera de 4,6 millions par rapport à aujourd’hui. Les centenaires seront quatre fois plus nombreux.

Et du côté des jeunes : le nombre d’habitants de moins de 45 ans baissera de presque 9 millions.

Pour le dire simplement : la France de 2070 comptera beaucoup plus de personnes comme nous, et beaucoup moins de personnes comme nos Petits-Enfants aujourd’hui.

Cela pose une question concrète, que les économistes appellent le “rapport de dépendance” : combien de personnes en âge de travailler pour chaque personne de 65 ans et plus ? Aujourd’hui, ce ratio est de 40 personnes âgées pour 100 actifs. En 2070, il sera de 62 pour 100. Autrement dit, les actifs de demain devront soutenir proportionnellement beaucoup plus de retraités que nous n’en soutenons aujourd’hui.

Ce n’est pas une catastrophe annoncée. Mais c’est un défi réel, qui demandera des choix collectifs difficiles. Et ce sont nos Petits-Enfants qui les feront.

Une France plus mélangée. Parce que c’est la seule chose qui fonctionne encore.

Si la population française ne s’effondre pas, c’est grâce à l’immigration. C’est la seule conclusion que permettent les chiffres : sans le solde migratoire estimé à environ 70 000 personnes supplémentaires par an la baisse de population serait encore plus marquée, et plus rapide.

L’INSEE ne dit pas que c’est une bonne ou une mauvaise chose. Il dit que c’est ce qui se passe, et que c’est ce qui maintiendra le pays debout démographiquement.

La France de vos Petits-Enfants sera plus diverse que la France de leur enfance. Leurs collègues, leurs amis, leur famille parfois tout cela sera plus mélangé que ce que nous avons connu nous-mêmes. C’est déjà le cas. Et selon l’INSEE, ça ira en s’accentuant.

Ce que tout ça change pour votre rôle maintenant.

Ces projections parlent du futur. Mais elles ont quelque chose à nous dire sur le présent.

Dans une France qui vieillit, qui rétrécit par le bas et s’élargit par le haut, le lien entre les générations ne se fera pas tout seul. Il faudra le construire, le maintenir, le nourrir. Et personne n’est mieux placé que nous pour ça.

Nous sommes le pont entre un monde que nos Petits-Enfants n’ont pas connu et un avenir que nous n’atteindrons pas. Nous portons des mémoires, des façons de faire, des repères qui n’existeront plus nulle part ailleurs quand nous serons partis.

Et dans une France où il y aura de moins en moins de jeunes pour beaucoup plus d’anciens, chaque moment passé avec eux aura plus de poids, pas moins.

Ce n’est pas une pression. C’est une invitation.

Celle d’être là, maintenant, pendant qu’on peut encore l’être.